Dasqui_Guillaume Dasquié est journaliste.. et un excellent journaliste. Il a des sources et comme tout bon journaliste ne les révèle pas. Mais voilà, il a donné un trop gros coup de pied dans la fourmilière!

Début décembre, perquisition à son domicile, 40 heures de garde à vue dans les locaux de la DST et une mise en examen pour "détention et divulgation au public de renseignement ou fichier ayant le caractère d’un secret de la défense nationale" dans l'affaire des fuites de la DGSE sur les réseaux Ben Laden.

En cause: un article sur les analyses de la DGSE, avant le 11 septembre 2001

L'origine de cette procédure judiciaire est un article paru dans Le Monde, le 16 avril 2007, où il narre par le menu ce que savait la DGSE (l'espionnage français) des aventures du groupe Ben Laden et de la nébuleuse Al-Qaeda dans les mois précédents le 11 septembre. Un article précis et fouillé car, comme l'explique son auteur, il a eu accès aux 328 pages de rapports produits par la Direction générale de la sécurité extérieure, entre juillet 2000 et octobre 2001. Le papier pointe en particulier que les services français ont alerté leurs homologues américains d'un possible détournement d'avion, dès janvier 2001.

Et forcément, ça énerve.. et ça énerve qui entre autres? hé bien : M.A.M.

Un chantage, hors procédure, pour lui faire avouer l'origine des fuites

Au bout de la trentième heure de garde à vue, il fait l'objet d'un chantage. Hors procédure, les agents de la DST et un magistrat du parquet lui proposent un marché: soit il livre au moins l'une de ses sources, soit il part en détention provisoire. Guillaume Dasquié:

"Le vrai problème, c'est d'être obligé de mener une négociation hors procédure, avec le sous-directeur de la DST Gilles Gray et le substitut du Procureur Alexandre Plantevin, sur la possibilité de donner une source sous la menace de partir en détention."

L'article dans son entier